L’angoisse des guides/traducteurs et fixeurs pamiris dans le Corridor du Wakhan afghan

En Europe, on entend parler des interprètes des forces étrangères, des sportifs, en particulier des sportives, des musiciens, des danseurs, etc. menacés ou tués par les taliban. Mais il y a aussi une catégorie dont l’existence est compromise. C’est celle des guides qui prenaient en charge les visiteurs étrangers.

En effet, il y avait des visiteurs étrangers dans l’Afghanistan d’avant la chute. Le Corridor du Wakhan est relié au Pakistan, principalement par le col de Broghil et le col d’Irshad. Mais ces voies étaient surtout utilisées par les commerçants afghans et pakistanais ou par les éleveurs de yacks. Chaque année, les Wakhis et l’ethnie kirghize du Pamir afghan se sont également joints au festival Baba Ghundi dans la vallée pakistanaise de Chapursan.

Cependant, des touristes étrangers ont visité le Corridor du Wakhan, isolé mais paisible ainsi que toujours épargné par la guerre et les taliban. Ils entraient par un poste-frontière non loin de Khorog (Tadjikistan). Là, ils traversait le Piandj et se rendaient à Ishkashim (Eshkashem, Afghanistan) distant de quelques kilomètres. La paperasserie fastidieuse était effectuée dans cette petite ville avec l’aide de quelques habitants parlant anglais. Une partie de ces locaux pouvait aussi être les guides de ces mêmes touristes pour visiter le Wakhan et même pour aller jusqu’au Petit Pamir.

Nous avons reçu le témoignage d’un guide d’Ishkashim.

Touristes occidentaux dans le couloir du Wakhan et dans le Pamir. Toutes les photos proviennent du guide interviewé.

“Avant les talibans, le Covid 19 a arrêté l’activité touristique dans le monde entier. Nous attendions la vaccination pour retravailler.

“Lorsque le vaccin a été découvert, nous espérions que le tourisme redémarrerait. Malheureusement, la situation en Afghanistan se dégradait de jour en jour. Finalement, le gouvernement afghan s’est effondré et les taliban ont totalement pris le contrôle du pays.

“Maintenant, notre situation est encore pire, en raison de la crise en terme d’économie et aussi en terme de sûreté.

“Le plus gros problème que nous ayons est la sécurité. De nombreux groupes terroristes sont actifs dans le nord de l’Afghanistan.

“C’est très dangereux pour nous et pour nos familles car nous travaillions comme guides/traducteurs avec des Occidentaux.

« De plus, nous sommes particulièrement exposés en raison de notre origine ethnique (les Tadjiks afghans) et en raison de notre religion. Nous sommes des chiites de la branche ismaélienne. Nous sommes des disciples de l’Aga Khan, un citoyen français. L’ismaélisme est la seule religion, en Afghanistan, qui compte une minorité ne représentant que 0,01 % de la population. Cette confession est en danger.

« A Kaboul, on nous appelle les Pamiris. C’est la même chose pour les gens du côté tadjik. Mais pour les taliban ou pour d’autres terroristes, l’Afghanistan est pachtoune. La religion est le sunnisme.

Maintenant, nous recherchons des soutiens pour nous aider et pour quitter l’Afghanistan. Si possible.”

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Published by Bernard Grua

Graduated from Paris "Institut d'Etudes Politiques", financial auditor, photographer, founder and spokesperson of the worldwide movement which opposed to the delivery of Mitral invasion vessels to Putin's Russia, contributor to French and foreign media for culture, heritage and geopolitics.

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